Soutenance de thèse de François de Muizon sur « Une anthropologie personnaliste du don »

François de Muizon soutiendra sa thèse en théologie le jeudi 18 septembre 2014 à 14 h30, à l’Université Catholique de Lyon, 25 rue du Plat, 69002 Lyon, M° Bellecour, salle Jean-Paul II.

« Une anthropologie personnaliste du don source philosophique et théologique de l’éthique sexuelle, conjugale et familiale ».

Le jury sera composé de Xavier Lacroix (UCLy, membre du CCNE), d’Alain Mattheeuws, s.j., (Institut d’Études Théologiques de Bruxelles), de Mgr Pascal Ide (Cté de l’Emmanuel, Paris), de Pierre de Martin de Viviés (UCLy) et de Jean-Marie Gueullette, o.p., (UCLy).

Argument

Est-il possible pour une personne de se donner entièrement à une autre personne, sans aliénation, dans le mariage ? Est-il possible d’aimer « jusqu’au bout » (εις τέλος, Jn 13, 1), jusqu’à donner sa propre vie à une autre personne ? Cette question, qui concerne de façon centrale mais non exclusive, la spécificité du lien conjugal, nous est aussi renvoyée par les incertitudes et les doutes contemporains à propos de l’institution conjugale et familiale, lesquels s’enracinent dans un soupçon sur la possibilité d’un tel don mutuel de soi, largement relayé par la philosophie contemporaine et qu’il nous faut interroger. Dans ce cadre, l’objectif de cette thèse est à la fois simple et fondamental : il s’agit d’être en mesure de démontrer, selon une anthropologie philosophique et théologique adéquate de la personne comme être-de-don, que le mariage correspond pleinement à la nature et à la dignité de la personne, en tant que créée, homme et femme, à l’image d’un Dieu compris comme communion trinitaire de Personnes. À la lumière d’une telle anthropologie personnaliste du don, le mariage n’est pas réductible à un simple contrat conditionnel passé entre deux individus au sein de l’état démocratique, c’est un pacte inconditionnel entre un homme et une femme qui se sont donnés l’un à l’autre d’une manière irrévocable. Au-delà de l’institution conjugale, une telle perspective implique d’être en mesure de fonder théologiquement le caractère sponsal de la personne. Cette anthropologie personnaliste du don, que Jean-Paul II a magistralement déployée dans sa théologie du corps, trouve son point d’ancrage théologique dans une courte formule conciliaire, dont la structure ternaire fait apparaître une Logique fondamentale du don : « l’homme, seule créature que Dieu a voulue pour elle- même, ne peut se trouver [lui-même] que dans le don désintéressé de lui-même » (CONCILE VATICAN II, Constitution Pastorale Gaudium et Spes, 24 § 3).